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FRATERNELLE ROYALE DU CORPS DE VOLONTAIRES
POUR LA CORÉE (F.R.C.V.C.) A.S.B.L.

Sous le Haut Patronage de Monsieur le Ministre de la Défense Nationale

 

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Raymond Behr
Président national KVVKK/FRCVC
(Traduction : Jacques de Cartier d’Yv

 

 

 

L’histoire et le train-train de la Fraternelle Royale du Corps des Volontaires pour la Corée depuis son origine jusqu’à nos jours, couvrant une période de près de soixante ans, pourrait faire le contenu d’un livre volumineux. Il est donc évident que je devrai me limiter au strict essentiel.

Un morceau d’Histoire précède la naissance du Bataillon BUNC [1] ; il est, à mon avis, nécessaire de vous éclairer à ce sujet afin de comprendre pourquoi l’ONU [2] lança un appel à l’aide au monde libre. La Corée devait rester inviolée d’une autre domination ; la liberté du peuple coréen devait être assurée.

Introduction historique très succincte…

Le Japon, dans le passé, avait déjà jeté son dévolu sur la presqu’île coréenne comme cercle défensif autour de son empire. Sur ordre du ministre japonais Miura Goro, l’impératrice coréenne Myung Sung a été assassinée. Ce faisant, les japonais créèrent la confusion favorable à l’exécution de leur plan d’invasion. De 1894 à 1895, survint une guerre entre le Chinois et les Japonais, la pomme ede discorde étant le contrôle de la Corée. La Japon gagna cette guerre et la Chine renonça à tous ses droits sur la Corée. Lors de la guerre russo-japonaise de 1904 à 1905, gagnée à nouveau par le Japon, toute influence russe fut éliminée en Corée. Plus tard, s’ensuivit un accord entre les Etats-Unis d’Amérique et la Japon qui laissait les mains libres au japon en Corée. En 1910, le Japon annexa la Corée, son pouvoir absolu étant ainsi confirmé. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Coréens de sexe masculin furent appelés à rejoindre l’armée japonaise ou à travailler dans l’industrie d’armement japonaise. Un grand nombre d’autres règlements fut imposé au peuple coréen, toujours à l’avantage du Japon.

Le 5 août 1945, le Japon se rendit aux alliés, ce qui mettait fin pour la Corée à une période d’occupation de 35 ans. En septembre de la même année, des troupes américaines arrivèrent. Lors d’une réunion de l’ONU, il fut décidé de scinder la Corée en deux parties suivant la sphère d’influence. La Corée du Sud passait sous influence des Etats-Unis, tandis que la Corée du Nord passait dans l’orbite de la Russie communiste.

Le 25 juin 1950, la Corée du Nord attaqua son voisin du Sud, ce qui entraîna une nouvelle guerre qui dura 3 ans - la guerre de Corée. Sur ce fait, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies décida d’accorder un soutien militaire à la Corée du Sud. Finalement, ce soutien militaire consista en une Force de troupes à laquelle quinze pays prirent part aux côtés des troupes des Etats-Unis. Il s’agissait de : l’Australie, la Belgique, le Canada, la Colombie, l’Ethiopie, la France, la Grèce, le Luxembourg, la Nouvelle-Zélande, Les Pays-Bas, les Philippines, le Royaume-Uni, la Thaïlande, la Turquie, l’Afrique du Sud et cinq détachements médicaux.

Le 18 décembre 1950, le premier contingent de 700 volontaires belges partit d’Anvers vers la Corée à bord du « Kamina ». Au total, 3175 militaires belges seront envoyés en Corée. Pour le bataillon BUNC, les pertes furent sévères : 104 jeunes Belges, 2 Luxembourgeois et 9 militaires coréens qui servaient au BUNC perdirent la vie. La guerre de Corée se termina le 27 juillet 1953 par la signature d’un armistice. Les derniers volontaires belges rentrèrent en 1955.

La naissance de la Fraternelle du Corps des Volontaires pour la Corée

Après le retour des anciens du premier contingent « Volontaires-Corée », il apparut très vite qu’il y avait un besoin de réaliser la réunion des anciens afin de maintenir le « Spirit » qu’ils avaient développé en propre en Corée. Ils voulaient maintenir coûte que coûte la devise « Un pour tous, tous pour un ». En 1952, l’ancien officier payeur du bataillon, le commandant Louis Nicodème, prit l’initiative et créa l’embryon de ce qui allait devenir plus tard la « Fraternelle Royale du Corps des Volontaires pour la Corée ». Entretemps, à gauche et à droite, de manière compétente ou non, l’un ou l’autre prit l’initiative et essaya, sur un plan tout-à-fait local, d’organiser quelque chose avec les anciens, ne fut-ce que pour prendre un verre ou évoquer »le bon vieux temps ». Ils allaient et venaient. Il n’était pas encore question d’une collaboration vraie et solide.

Le début fut tout sauf encourageant. Ainsi, les organisateurs qui s’étaient regroupés à Bruxelles, ne disposaient pas d’un fichier-adresses correct. Des données fiables au sujet des anciens combattants qui avaient servi en Corée et qui étaient maintenant dispersés à travers la Belgique et les FBA [3] n’existaient pas. Et on ne parle pas des changements d’adresse locaux qui s’opéraient quotidiennement.

La pression pour les promesses qui avaient été faites à l’époque concernant les avantages qui nous seraient accordés plus tard, était jugée de différentes manières, en fonction de l’âge. Les plus âgés voulaient l’octroi des ces avantages, alors qu’aucune exigence ne pouvait être formulée. Pour les plus jeunes, qui ne portaient pas une grande attention sur ce point, il s’agissait plus de se réunir pour évoquer les souvenirs autour d’un bon verre. De surcroît, il fallait trouver dans chaque province des anciens bienveillants et convenables pour constituer une direction. Sachant que beaucoup parmi eux mettaient en avant uniquement des motifs personnels et ne voulaient voir traiter en priorité que ceux-ci, il va naturellement de soi que, de ce fait, il y avait peu ou pas d’intérêt de la part de la plus jeune garde pour rejoindre les rangs. « Last but not least », la rédaction et l’approbation de statuts sérieux exigeaient des connaissances pointues et du temps.

Lorsque les derniers militaires du bataillon rentrèrent au bercail en septembre 1955, de plus en plus d’anciens se portèrent candidats pour l’affiliation à la fraternelle. On débuta par les grandes agglomérations pour l’organisation et l’installation de quelques sections. On fit des recherches dabs les archives de la Défense pour retrouver les adresses des anciens combattants de Corée. Les administrations communales furent également contactées. On fit appel à des volontaires pour être envoyés comme « visiteurs » afin de renouer les contacts perdus et de rassembler les informations qui rendraient possibles des recherches ultérieures. Une liste nationale d’adresses prit lentement forme et un numéro national fut attribué à chaque membre (numéro encore valable de nos jours…).

Les sections reçurent ensuite un drapeau d’association et ,conjointement, un drapeau de Corée fut offert pat l’ambassadeur coréen. On développa des bonnes relations, une d’entre elles était le ministre de la Défense Nationale qui nous fit l’honneur de devenir protecteur de la Fraternelle. Petit à petit, les sections furent élargies à toutes les provinces ; des assemblées générales furent organisées et les membres des comités de direction élus démocratiquement. Avec le temps, la structure de notre fraternelle connut la stabilité. Les premiers règlements d’ordre intérieur furent rédigés et on convoque des symposiums pour les membres du comité de direction afin de promouvoir un niveau de qualité et le sens de la coopération. Sous l’impulsion su sénateur Militis, un combattant de Corée de la première heure, nous avons reçu le statut de reconnaissance nationale, le point de départ et la première exigence pour être écoutés comme une association effective d’anciens combattants. On pouvait maintenant penser à initier la rédaction d’une liste de revendications. En accord avec le bourgmestre de Woluwé-Saint-Pierre de l’époque, on démarra l’édification du monument national qui fut inauguré en grande pompe par le Roi Baudouin.

Après cinquante années d’existence, notre fraternelle a été honorée du titre de « Royale » et s’appelle depuis lors « Fraternelle Royale du Corps des Volontaires pour la Corée ».

Plus tard, à l’invitation de la « Korean Veteran Association », des voyages furent organisés et les membres de la Fraternelle, accompagnés de leur épouse, purent se rendre en visite pour quelques jours en Corée comme hôtes d’honneur. De nos jours, des étudiants, descendants d’anciens combattants, sont invités pour se familiariser avec la culture coréenne et l’économie du pays « du matin calme » qui s’est entretemps élevé au rang d’une des nations économiques dirigeantes.

La KVVKK [4] / FRCVC [5] tient sa permanence à Hasselt, dans les locaux du commandement militaire de la province de Limbourg, Guffenslaan, 26 (Tf : 011/45 74 27). Monsieur René Dutilloux, secrétaire national, y assure la permanence le mercredi de 14.00 Hr à 16.00 Hr, excepté les jours fériés et les mois de grands congés. Tout un chacun peu le contacter pour obtenir des informations sur notre association.

La structure de la Fraternelle comprend le bureau national, qui se compose du président national, de deux vice-présidents, du secrétaire et du trésorier. Ceux-ci sont assistés par des membres du comité national, à savoir cinq personnes élues et confirmées par l’assemblée générale statutaire. Le comité national est assisté par les neuf présidents provinciaux qui ont une fonction de consultant. Chaque section provinciale a une direction autonome se composant d’un président, d’un secrétairen d’un trésorier et de quelques memebres du comité. Ils sont, bien sûr, tous volontaires et ne sont pas rémunérés.

Tous les ans, chaque province organise sa réunion que les anciens appellent « les fastes provinciaux ». En outre, une fois par an, tous les anciens sont invités par le chef de Corps du 3ème bataillon de Parachutistes, au Quartier « Capitaine P. Gailly » à Tielen, pour fêter ensemble le « Memory Day » avec leurs filleuls, les actuels militaires du 3 Para.  Le 3ème bataillon de Parachutistes a repris les traditions du bataillon BUNC. Il détient son emblème et porte l’insigne de béret. Le Prince Héritier Philippe, notre nouveau Roi, y a, en son temps, servi et gagné ses ailes de Para. Il porte avec fierté son béret lie de vin avec l’insigne de Corée.

En novembre, le mois au cours duquel, suivant la tradition, nous honorons nos défunts, les anciens combattants de Corée viennent commémorer leurs morts, au monument national de Woluwé-saint-Pierre, monument au pied duquel l’ambassadeur de Corée, son attaché militaire et divers membres de l’ambassade de Corée déposent des fleurs.

Avant que ne soit posé l’acte fondateur de la Fraternelle, des initiatives locales avaient été prises dans les provinces, mais des réelles directions et rencontres, telles que nous connaissons aujourd’hui, il n’en était pas question.

A l’occasion d’une réception au Grand Hôtel Hyatt à Séoul, la question suivante nous a été posée lors d’une interview : « Cela valait-il la peine que tant de vos concitoyens meurent pour la Corée ? ». Notre réponse fusa : « Chaque soldat qui meurt est un soldat de trop », mais pour répondre à votre question : « Regardez comme les gens sont confiants et industrieux ici ; ils rayonnent l’optimisme. Regardez les enfants, joyeux dans les rues, dans leurs uniformes scolaires colorés, agitant des petits drapeaux ; voyez comme ils sont heureux ! Regardez votre haut niveau de vie et votre infrastructure moderne… »

« Oui, cela valait la peine que de jeunes soldats donnent leur vie pour que la population de la République de Corée puisse enfin vivre libre, dans la prospérité et le succès ».

Et c’est ainsi que, dans quelques mois, nous allons commémorer le 60ème anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée. La vraie paix, qui permettrait de devenir à nouveau une nation, la réunion de tant de familles, tout cela reste encore à ce jour une utopie pour les habitants de la presqu’île de Corée. Quel dommage…Où reste le sens humain chez les agresseurs Nord-Coréens ?

Quelques chiffres à propos de la guerre de Corée

Morts : civils : +/- 2.000.000
Corée du Nord/Chine : +/- 3.800.000
ONU : +/- 1.50.000
Total : +/- 7.300 .000
Raymond Beh
Président national KVVKK/FRCVC

 

 
 
[1] Belgian United Nation Command
[2] Organisation des Nations-Unies
[3] Forces Belges en Allemagne
[4] Koninklijke Verbroedering van het Vrijwilligerskorps voor Korea
[5] Fraternelle Royale du Corps des Volontaires pour la Corée